Les sous-récipiendaires
et les partenaires demandent une plus grande visibilité du Fonds mondial sur le
terrain pour palper du doigt les réalités de la République Démocratique
du Congo
La semaine du 17 au 23 juin 2007 était riche en
activités pour le bureau du PNUD en charge des financements du Fonds mondial. La Gestionnaire de
portefeuille en charge du Congo a échangé avec les partenaires locaux et évaluée
a travers des rencontres et des visites de terrain, l’état de l’investissement
du Fonds mondial. De la rencontre du Ministre de la santé aux sous-récipiendaires
du projet, la délégation a eu des séances de travail avec les différents
partenaires stratégiques (CCM, LFA, PR, Programmes nationaux, société
civile, partenaires bi et multilatéraux, etc.), à la satisfaction de tous. Un
calendrier aussi chargé que diversifié qui a reflété l’importance de
l’investissement du Fonds mondial dans le pays et le besoin en financement dans
les domaines de la prévention, la prise en charge et la coordination sur
le terrain.
Une mission du Fonds mondial a séjournée á Kinshasa du 17 au 23 juin 2007. Elle avait
pour but de suivre l’évolution des subventions en cours, négocier l’accord
tuberculose dans le cadre du 6eme Appel et rencontrer les différents
partenaires sur le terrain. Elle était composée de :
- Mme Christine Onyango,
Gestionnaire de portefeuille - Fonds mondial
- Mlle Friederike Teutsch,
Chargée de programme - Fonds mondial
- Johan van Haperen, Expert en
approvisionnement - PWC
Durant son séjour, la mission a rencontré le Ministre de la Santé, le Directeur pays du
PNUD/PR et a eu des séances de travail avec des partenaires impliqués sur le
terrain dans la gestion des programmes liés au SIDA, à la tuberculose et au
paludisme.
Le Ministre de la santé et président du CCM, Makwenge
Kaput, a entretenu les membres de la délégation sur le rôle du leadership que
doit jouer son ministère dans le domaine de la santé et les nouvelles stratégies
pour le CCM : « depuis ma nomination à la tête du Ministère, je
m’investi à reprendre le leadership en matière de santé. Je compte redynamiser
le forum avec les bailleurs de fonds, pour permettre à mon Ministère de rendre
compte au peuple. Bien entendu ce forum nous permettra d’harmoniser les vues
afin d’avoir des résultats soutenus. Sans cacher ma satisfaction, je loue la
visite du Fonds mondial au moment où le projet est bien évalué, notamment pour
sa composante Tuberculose. Je pense que nous devons nous servir de cet exemple
pour améliorer la mise en œuvre des projets SIDA et Paludisme et repenser le
système de gestion et de distribution des médicaments, en répliquant, dans la
mesure du possible, les succès du PNT ». Le Ministre a par ailleurs
exprimé la ferme volonté du gouvernement et du Président de la république de
soutenir les approches prônées par le Fonds mondial.
Le leadership en régénération
Les Programmes nationaux (SIDA, tuberculose et paludisme)
veulent une plus grande autonomie dans la gestion des programmes du pays. Ce
point a été discuté et réitéré au cours des séances de travail avec le Fonds mondial.
Une requête légitime dans un pays qui a besoin de montrer des résultats aux
populations nationales et á la communauté internationale. Le PNUD a, depuis le
début de ses activités, travaillé avec les programmes nationaux pour s’assurer
du renforcement des capacités. A cet effet, un consultant international est
détaché auprès du Programme National de lutte contre le Paludisme dans le cadre
du financement du Fonds mondial. Des formations, séminaires et ateliers ainsi
que des supervisions sont par ailleurs organisés au niveau des Programmes
Nationaux, dans le cadre des volets SIDA et tuberculose.
Les membres du CCM, sous le leadership du Ministre de la
santé, vont redynamiser le CCM surtout dans le suivi et évaluation des
investissements du Fonds mondial. On note que le Président du CCM a insisté sur le fait
que « cette instance de coordination a besoin de dynamisme,
d’efficacité et de renouveau ». Le PNUD en tant que PR va assister le
CCM pour partager son expérience du Fonds mondial et s’assurer que tous les
membres du CCM ont une bonne compréhension du mécanisme du Fonds mondial.
Le Fonds mondial doit comprendre les réalités du Congo
Une réunion de concertation s’est tenue avec la mission du
Fonds mondial et quelques sous-récipiendaires pour un dialogue et une meilleure
collaboration dans la mise en œuvre des
activités financées par ce dernier. Aussi, l’équipe du Fonds mondial a visité
les activités de certains sous-récipiendaires á Kinshasa. Tel est le cas du Bureau
Diocésain d’œuvres Médicales (BDOM) et de l’Hôpital Général de Référence
militaire Kokolo appuyé par la
GTZ.
Descente à l’Hôpital Général de
Référence (HGR) militaire Kokolo
Situé au sein du Camp militaire Kokolo, l’HGR militaire
Kokolo est une zone de Santé à fréquentation militaire et civile qui comprend
15 aires de santé. Il offre une capacité de près de 140 lits et reçoit parfois
plus de deux cents malades par mois dont une vingtaine de PVV. Une des rares
formations médicales où les ARV sont gérés par les pharmaciens, cette structure
fonctionne avec beaucoup de défis et de succès et intervient dans les domaines
de la sécurité sanguine, la
PTME, la prévention et la prise en charge. Avec le
financement du Fonds mondial, la
GTZ appui cette structure nationale pour assurer le dépistage
et le traitement.
La première visite de terrain a été l’occasion pour le
Fonds mondial de voir et de juger la valeur de l’investissement. Grâce à
l’appui du Fonds mondial, l’HGR Kokolo a pu renforcer les capacités de son
personnel et s’équiper en matériel médical. Au total, 4 médecins ont été formés
en prescription des ARV, 3 conseillers en conseil et dépistage volontaire, 4
prestataires dans la prise en charge et le suivi des Infections opportunistes,
1 pharmacien dans la gestion des ARV et autres commodités ainsi que 3
prestataires de laboratoire. Côté équipements, l’hôpital a bénéficié d’une
table d’examen, une balance pèse personne, un appareil Dyneabead (dosage CD4),
un microscope électrique binoculaire, un frigo de 350 litres, un
spectrophotomètre, 1 bain marie, 2 stéthoscopes, des thermomètres et 6 chaises
en plastiques. L'approvisionnement mensuel en réactifs permet au service de
laboratoire de cet hôpital de réaliser plus de six tests VIH/SIDA par jour,
avec une moyenne de 45 minutes par test. Et aussi de procéder au contrôle tous
les trois mois.
Pour Mme Christine Onyango qui a palpé du doigt la réalité
de terrain : « C’est un bon début pour cette formation médicale
qui a pu mettre plus de 250 patients sous ARV et dépisté plus de 600 patient
malgré les contraintes ». Et de continuer : « Il est
évident qu’il y a beaucoup de travail encore à faire ».
La joie était aussi partagée du côté du personnel
soignant : « c’est encourageant de savoir que ce que l’on fait est
suivi et de recevoir des conseils pour améliorer. Cette visite a permis au
Fonds mondial de se rendre compte par exemple que nous ne disposons pas d’ARV
de seconde génération », a indiqué Dr Jerry Molamba, Chef de projet à la GTZ IS pour la Ville Province de
Kinshasa en poursuivant : « ce projet a commencé depuis une année
et demie. Nous connaissons des difficultés, nous pensons qu’après la visite du
Fonds mondial, elles seront résolues. Nous avons formulé des recommandations au
Fonds mondial par rapport au système d’approvisionnement en médicaments. Nous
pensons que ce problème sera résolu rapidement et que les approvisionnements
vont venir plus régulièrement et à temps. Nous avons aussi fait savoir à
la délégation du Fonds mondial qu’une des grandes difficultés pour les malades
mis sous ARV est le manque de support
alimentaire et psychosocial, ce qui pose problème à l’adhérence au traitement ».
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