Dr Kimpanga, corps scientifique à l’Ecole de Santé Publique de l’UNIKIN.
L’Ecole
de Santé Publique a
entamé sa collaboration avec le PNUD/Fonds Mondial en 2004 pour la composante
Tuberculose. L’ESP a été sélectionnée pour conduire des recherches et mener des
enquêtes comportementales.
« Nous avons
pratiquement réalisé plus de 80% des activités et nous avons atteint notre
objectif. Il était prévu de faire deux enquêtes CAP (Comportements, Aptitudes,
Pratiques). En 2004, deux enquêtes CAP et deux études opérationnelles ont été
réalisées. En 2005, il était prévu qu’on fasse une recherche opérationnelle et
une enquête CAP, les deux ont été menées. », a dit le Dr Kimpanga.
En général, la recherche a
porté sur la prise en charge des patients, les résultats sont en train d’être
exploités par le Programme National. « Nous avons étudiés l’observance du
traitement et nous en sommes arrivés aux chiffres de 11% de patients qui ne
jouent pas un rôle actif dans l’observance du traitement ».
« Nous avons aussi
étudié la productivité des examens Ziehl (examen de crachat) répétés chez les
patients à frottis négatifs, une recherche menée en 2005. Les analyses sont en
cours parce que nous avons pris un échantillon d’environ 17.000 personnes
suspectes. C’est une base de données massive qui demande un nettoyage très
soigné avant de pouvoir en tirer des conclusions. Cette étude apportera une
information très utile au Programme. Par exemple, elle permettra de déterminer
la pertinence de continuer à demander un examen Ziehl chez un patient pour
lequel les trois premiers frottis ont été négatifs. »
Quand aux enquêtes
comportementales, elles sont réalisées en un temps très court et les résultats
sont disponibles après 3 mois. « Nous avons mesuré des indicateurs qui
visaient essentiellement les connaissances de la population sur la cause de la
tuberculose, la transmission de la maladie, les moyens de diagnostic, la
connaissance des symptômes et surtout la perception de la tuberculose comme
maladie sociale. Les données collectées, exploitées par le Programme National
sont très intéressantes car elles permettent d’élaborer des messages appropriés
à la population pour améliorer la lutte contre la tuberculose en RDC ».
Dans la plupart des cas, les gens attribuent la cause de cette maladie à
certains facteurs qui en réalité sont des facteurs favorisants, comme la
malnutrition, le tabac, l’alcool, etc. Certains n’hésitent pas à dire que la tuberculose
est due à des travaux lourds, à la fumée, aux poils du chat. Il existe donc
encore de fausses croyances.
Par contre, les symptômes
de la tuberculose sont relativement bien connus par la population. « Nous
avons observé des chiffres de l’ordre de 50% et parfois même 80% pour un
symptôme comme la toux de plus de 15 jours. En revanche, moins de 50% des gens
attribuent l’amaigrissement à la tuberculose, pourtant elle figure parmi les
trois symptômes majeurs. »
« L’appui du
PNUD/Fonds Mondial sur les activités de l’ESP est très important, car dans le
passé, le programme réalisait très peu, voire quasiment pas de recherche
opérationnelle. Quelques projets avaient été conduits dans les années 90 dans
le domaine du SIDA. Mais avec les conflits qu’a connu le pays, la coopération
avec les organisations internationales a diminué et nous n’avons plus mené à
proprement parler d’études. A l’heure actuelle, avec la stratégie « Halte
à la Tuberculose »,
la recherche opérationnelle devient une composante essentielle à l’amélioration
des performances du programme. « Et c’est grâce à l’appui du PNUD/Fonds
Mondial que nous pouvons de nouveau effectuer la recherche opérationnelle afin
d’améliorer la manière de prendre en charge les malades et de diagnostiquer les
patients. En outre, la réalisation des enquêtes CAP a permis au programme
d’identifier les domaines dans lesquels les messages éducationnels sont
nécessaires et d’élaborer des modules d’éducation adéquats. »
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L’école de santé a une grande expérience dans la
recherche dans le système de santé et dans la gestion des projets et la
formation, mais aussi une histoire très consolidée de collaboration avec les zones de santé, les ministères et
le gouvernement, les programmes nationaux de lutte contre les maladies, avec
les bailleurs de fonds, les Agences des Nations Unies, certaines universités
américaines et européenne, et des ONG nationales et internationales.
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