Comme a dit Pr Gazard, le FM a beaucoup progressé depuis sa création et c'est tout a fait normal. Il pratique, évalue, tire les leçons et améliore ses performances. De plus, grâce à cet e-forum, il illustre d'une manière innovatrice son ouverture sur l'autre, sur les idées venues de toute horizon et plus généralement, j'adhère totalement à ses valeurs et principes. Toutefois, je souhaiterais, en tant qu'ancienne coordonnatrice de l'unité de gestion du programme d'appui du FM en Tunis, attirer l'attention sur le risque d'effets secondaires que pourraient engendrer ces valeurs et principes:
1. En tant qu'instrument financier, le FM fait attention pour ne pas se transformer en une agence d'exécution et se substituer à d'autres agences. Il devrait faire aussi attention pour ne pas dénuer, de l'autre côté, le portfolio des pays de tout pouvoir de prise d'initiative ou de décision ni sur le plan financier, ni sur le plan des indicateurs de suivi et évaluation à titre d'exemple. Cette situation certainement inconfortable pour le portfolio se répercute sur le pays bénéficiaire et risque de créer des tentions.
2. Il est très important de responsabiliser les pays et de les aider à gérer et à mettre en œuvre des projets et même des programmes. Mais attention à ce que ce principe ne soit appliqué de manière artificielle car certains pays sont très en déjà des capacités de gestion sur plus d'un plan et il faudrait que le FM accepte l'éventualité que le transfert technique ne se passe pas et que malgré cela, il accepte de faire bénéficier les populations de son appui.
3. Le principe de respecter l'équilibre entre les régions d'une part et les maladies d'autre part est louable mais attention au risque de gaspiller de l'argent et du temps sur des actions vaines au plan du VIH particulièrement et ceci au nom de l'équilibre. Je pense que dans ce cas, il faut être pragmatique et avoir le courage de donner la priorité aux régions et aux épidémies sur lesquelles une intervention est efficace.
4. L'examen des propositions se fait d'une manière indépendante et c'est très bien. Mais je pense qu'il serait encore plus rentable et plus rapide d'inviter une ou deux personnes ressources du pays concerné par la proposition pour apporter des clarifications, répondre aux questions sans pour autant lui donner le droit de vote.