Mar 09, 2006
Chers participants,
Nous vous invitons à prendre connaissance du résumé des discussions de quatre forums: français, anglais, espagnol et russe.
Quelles actions, le cas échéant, pensez-vous que le Fonds mondial doit entreprendre afin d’assurer une portefeuille équilibrée des subventions globales ? - en particulier le décaissement des subventions, entre:
- les trois maladies;
- les différents types d'interventions;
- les différents types de bénéficiaires, ainsi que
- les régions différents ?
Participants:
Forum français : Essimi Martial (Cameroon), Fernando wa KATAMBA (DR Congo), Augustin Epinzagne (Ivory Coast), Alio Techi (Niger), Dioffo Ibrahim (Niger), Sylla Lanciné (Ivory Coast), Komlan Dossey (Togo), BAYOR Soufiane (Togo).
Forum anglais: Ben Karenzi (Rwanda), Chike (MA, USA), Nurul Dulu (Bangladesh), Isao Arita (Japan), Becky Johnson (Switzerland), Thayer, Saka Mohammed Jimoh (Nigeria), Tarig Dafallah El Hassan (Sudan), Nityananda (Nepal), Bintu Sesay, Jerry (Brazil), Tshering Lama (Nepal, UK), Barry Coleman (USA, UK), Kokoi (Phillipines), Timothy Mbugua (Canada), Mina (Switzerland), Churchill Otieno (Kenya), Wei Guo (China), Firman Lubis (Indonesia), Krisi (NY, USA), Hicham Filali Zehri (Morocco), L.K Verma (India).
Forums russe et espagnol: Samad (Russian Federation), Enock Nodjikwambaye (Chad), Mirta (Cuba), Diego Postigo Otero (Spain), Clemente san Sebastian (El Savador).
Forum français :
1. Par rapport aux stratégies le Fonds mondial doit se rapprocher d'avantage des acteurs du terrain et renforcer le mécanisme afin d'appuyer les structures de la société civile directement sans passer par les structures gouvernementales. Il faut organiser des ateliers de réflexion pour les différents intervenants de la société civile ainsi qu’un forum international pour échanger les différentes expériences.
2. Le Fonds mondial doit conserver son principe cardinal de financer les programmes lorsque son assistance ne remplace pas ou ne réduit pas d'autres sources de financement, - et de financer les interventions non financées par des autres donateurs.
3. Le Fonds mondial devrait encourager les intervenants à initier des projets connexes du SIDA/Tuberculose, au lieu d'un seul type de projet. Aussi, il pourrait encourager une sélection proportionnelle de structures (OCB) intervenant dans les 3 domaines.
4. Le fonds doit procéder à l'analyse de situation pour maîtriser: la situation exacte des prévalences de ces maladies par région; le nombre et les types des intervenants; les impacts des différentes interventions par acteur; l'autonomisation des acteurs par rapport à l'accès au fonds et à l'initiative des actions.
Forum anglais :
A. Suggestions pour le maintien des actions actuellement soutenues par le Fonds mondial :
1. Le Fonds mondial devrait se tenir au modèle d’entreprise où les performances sont essentielles et soutenir les aspects techniques des propositions telles que révisées par le TRP.
2. Le Fonds mondial devrait quand même reconnaître des situations particulières dans certains pays (les besoins de financement varient toujours d’un pays à l’autre).
3. Sans pour autant réduire le financement pour le paludisme et la tuberculose, l’impact même du SIDA fait qu’il mérite un objectif de financement de niveau supérieur.
4. Maintenir une forte collaboration avec toutes les agences de financement travaillant dans le même secteur dans une certaine région ou un certain pays.
5. Continuer à prendre en considération les zones dans lesquelles la maladie n’est pas répandue, en mettant l’accent sur la prévention.
B. Suggestions pour que le Fonds mondial (y compris les CCM, TRP, etc.), entreprenne de nouvelles actions ou renforce celles actuellement en cours:
1. Soutenir le renforcement des capacités techniques et programmatiques des pays, des ONG et des CBO.
2. Procéder à des évaluations avant, pendant et après les programmes, y compris une analyse de rapport coût-efficacité des subventions du Fonds mondial. L’allocation de fonds à travers les régions, entre maladies ou types d’interventions devrait se baser sur une estimation initiale à grande échelle de la capacité du pays à gérer et à fournir des services, sa crédibilité, les niveaux de corruption, ainsi que son engagement à soutenir la lutte contre les trois maladies. Prendre en considération les MST et maladies associées pour augmenter le rapport coût-efficacité.
3. Élargir le type de données utilisées pour la prise de décision afin d’inclure des indicateurs socio-économiques de type indice de développement humain et des indicateurs de système sanitaire ; par exemple : les systèmes de fourniture de services médicaux ont-ils des effets synergiques et durables ? (c’est-à-dire supposent une approche holistique du financement)
4. Travailler en partenariat ou en collaboration plus étroite et beaucoup plus précoce au stade de la pré-planification avec les organisations de financement internationales et locales et prendre en considération leur intentions de dépenses - tout en finançant les partenaires avec la capacité la plus élevée pour garantir un impact.
5. Équilibrer le financement pour les interventions et les régions en :
(a) Soutenant et augmentant progressivement le financement à des partenaires locaux crédibles (ONG et CBO) qui couvrent de multiples interventions et des populations élevées.
(b) Soutenant les technologies et les stratégies qui encouragent la prise en charge nationale et puissent être partagées à travers différentes zones et régions.
(c) Investissant et renforçant les capacités en matière de personnel de santé et en encourageant leur mobilité à travers les secteurs et zones géographiques.
(d) Apporter la connaissance, la technologie et l’information, échanger au niveau mondial et local.
6. Politique :
(a) Faire des recherches sur les politiques et revoir celles-ci, ainsi que les prix de référence et les témoignages afin de concentrer les subventions sur les besoins insatisfaits plutôt que sur les projets réalisés.
(b) Renforcer les propres organismes décisionnaires du Fonds mondial en élaborant une politique plus fortement ancrée sur les témoignages et générée d’après ceux-ci.
7. Faciliter les relations entre les gouvernements centraux et locaux (et par extension les communautés) pour une implémentation et un équilibre plus synergique.
Forum espagnol :
1.- Équité entre les maladies :
1.a.- Si l’on confronte le comparatif des coûts des soins aux personnes malades, on constate qu’il est beaucoup moins cher de traiter une personne atteinte de tuberculose qu’un patient porteur du VIH/SIDA. Dans la pratique, par conséquent, essayer de parvenir à un équilibre entre les budgets de TBC et de SIDA impliquerait de réduire l’étendue de la couverture du traitement contre le HIV et le SIDA.
1.b.- D’autres opinions mettent l’accent sur le fait que « le plus économique » ne doit pas constituer un critère. La sélection de Projets s’effectue sur la base de la qualité technique et d’autres paramètres. On doit avoir des « critères d’évaluation » avec des indicateurs et non des « critères sélectifs » par budgets définis pour les trois maladies. Le système des indicateurs donne au Fonds mondial une garantie sur la viabilité du Projet.
De plus, les Rapports publiés par les Comités Directeurs font apparaître qu’il y a plus de personnes soignées pour la tuberculose et le paludisme que de personnes traitées aux ARV ; par conséquent, le SIDA reçoit plus d’argent, sans pour autant atteindre plus de personnes. Et il faudrait parler de ce déséquilibre.
2.- Équité entre les régions :
2.a.- Il y a 2-3 ans, en raison du manque de fonds, le Fonds mondial a exclu de l’assignation des subventions les pays qui avaient des revenus moyens et une prévalence relativement peu élevée des épidémies. Cette circonstance a eu plus d’effet en Amérique latine, région plus développée que d’autres, mais qui se caractérise également par d’énormes différences au sein même des pays, avec de grandes zones de pauvreté. Si la plupart des pays d’Amérique latine sont bénéficiaires d’une aide officielle au développement, ils devraient également bénéficier de l’aide du Fonds mondial, même sous certaines conditions.
2.b.- Une des forces du mécanisme actuel est qu’il repose sur la capacité installée. Cela permet d’obtenir des résultats rapides, mais pas forcément de répondre aux 3 maladies dans les endroits où elles causent le plus de problèmes. Il devrait y avoir un équilibre entre la capacité installée et les données de prévalence de la maladie.
Forum russe :
1. La distribution des subventions doit se faire en fonction de la gravité de la situation autour des maladies dans les régions. Et entre les trois maladies, les fonds doivent être répartis suivant « leur gravité » soit en fonction de la dangerosité d’une telle ou telle épidémie au niveau mondial, et aussi en conformité de dimensions de fonds alloués à la lutte contre chaque épidémie dans le cadre d’autres programmes existant dans le monde.
2. Pour assurer l’efficacité du fonctionnement du Fonds mondial et de la distribution des subventions il est nécessaire de :
• Suivre les priorités de « la maladie » et non seulement celles de la « qualité d’une ONG » lorsque les subventions sont allouées aux organisations ayant fourni au FM le projet « le plus correct » qui répond au maximum aux exigences du FM. C’est une approche classique des Fonds ; personne, ou presque personne ne se fait de doutes par rapport à son efficacité. Par contre, est-ce que cette approche est aussi efficace dans le cas de FM ?
• Tenir compte de la spécificité des pays et de différents groupes de populations. Par exemple dans les pays où il n’y a pas beaucoup d’ONG professionnelles - soit d‘ONG en général - malgré une épidémie toujours croissante de la tuberculose, il faut lutter contre la maladie par d’autres moyens (que dans un pays riche) accessibles à la communauté présente et qui partent des particularités locales (y compris la formation et la création de ces mêmes ONG qui, avec du temps, pourront réaliser correctement des projets et deviendront membres d’un puissant réseau du FM). C’est uniquement cette « voie des priorités » qui puisse assurer l’égalité du FM par rapport à tous – sans distinction de races, de religions, de niveau de l’éducation, de langues et de localisations. Autrement dit, le FM doit viser l’application des principes de l’humanisme et de l’égalité. Cette voie est capable d’assurer l’efficacité et la pondération dans la distribution des subventions et - ce qui est le plus important – de permettre de réellement dominer la maladie et d’y résister, ce qui signifie atteindre le but.
Nous vous remercions de vos contributions et de votre intérêt pour le Forum du Fonds mondial.
Equipe de modérateurs
Dernière édition par Modérateur le Mar Mar 21, 2006 11:18 am; édité 1 fois